« 2008-01 | Page d'accueil
| 2008-03 »
28.02.2008
1ère fois
On avait marché longtemps, presque sans parler, laissant le vent nous servir de paroles, les mains froides et la parka serrée en ces dernière nuits de septembre. Je ne pourrais même pas dire si c'était encore septembre ou déja octobre Je ne sais pas quand je l'ai rencontré.
On marchait sur le bord de la route et j'avais mal aux pieds mais je n'osais pas me plaindre, je ne savais pas ou on allait, la naiveté de 15 ans vous faisait suivre n'importe quel squatteur.
Chronique d'une rencontre.
Ma première nuit, je l'avais passée seule dans le hall d'un immeuble, à même le sol froid et dur. Comme un chien enroulée en boule sous ma parka. Au début on est comme un chien et on finit comme un loup. Je m'étais fait virée à grand coup de savate par une belle femme parfumée. Pendant environ une semaine j'ai erré sans véritablement de but. J'ai vécu sur ma maigre réserve d'argent, de l'ordre d'une cinquantaine d'euros.
Et je me suis décidée à faire la manche. Ce n'est pas facile de faire la manche. Il faut se dire "Ca y est je suis tellement une merde que je fais la manche". Je suis abonnée aux chaussures de gens. Des chaussures on en voit plus que des sourires et pas que parce que pour deux chaussures, il n'existe qu'un sourire.
Et puis je suis allée à la gare, je me disais c'est un bon début. Je me suis assise et puis je n'avais rien, même pas un gobelet. Alors je suis allée rincer un gobelet dans une fontaine et je l'ai posé devant moi. J'y ai mis quelques pièces de ma poche, pour faire genre.
Au bout de deux heures, environ, je suis sortie, j'ai taxé une cigarette. J'avais 16 euros environ en poche. La manche ou le SMIC c'est pareil. Je ne l'ai pas vu tout de suite. Il est venu me gratter une cigarette, il m'a dit vient, j'ai des potes la bas, reste pas toute seule. Alors j'ai mis mon sac sur mon dos, j'ai reniflé et je l'ai suivi.
"Moi c'est le piot et toi?"
"Pas de nom"
"Je suis pas les keufs, vazy, à moins que... (Il me dévisage...) Tu es mineure petite pute. Bon c'est pas grave dis pas ton nom. "
"Louise, je m'appelle Louise"
"Petite bourge, allez en route"
On est arrivé et puis j'ai vu Pedro. Il était assis et parlait à son chien (je ne savais pas encore que c'était une chienne).
"Regarde, j'ai trouvé une meuf"
Pas de réponse
Pédro me regarde, son regard est simplement transperçant.
"Tu as des rempS?"
"Non"
"Ben rentre chez eux"
"Bon salut, je veux pas vous faire chier"
"Pédro, elle faisait la cheum à la gare, elle est seule"
"M'en branle, elle est majeure?"
"Je crois pas"
"Raison de plus..."
"Tu laisserai ta petite soeur dans la rue?"
"C'est pas ma soeur"
"Ca pourrait"
"Et alors"
"Bon Louise, reste mais la journée, le soir on peut pas t'emmener, mais au moins la journée, reste"
Alors on s'est retrouvés à marcher tous les deux, sans parler le long de la route, transis de froid, avec la chienne. Le Piot était reparti se camer ailleurs.
"Tu te rends compte que je me retrouve avec toi sur le dos, t'as même pas 16 ans"
"Je peux faire demi-tour"
"Petite Gamine, tu sauras que seule tu va mourir"
"J'ai pas peur"
"Personne n'a peur à 15 ans, petite Gamine. Tu me fais quelque chose. Un coté très fort et puis tellement fragile... Ta place n'est pas ici. (Il n'aura de cesse de me le répéter...)
Et on est arrivés, au squat...
21:18 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
25.02.2008
Inside
Dans la cuisine
"Pourquoi tu es si attachée à moi"
"Parce que tu m'a aidé, sans toi je ne serai pas la"
"Les concours tu les as passés toute seule"
"Je ne suis pas seule si tu penses à moi quand je les passe. Je suis encore la parce que tu es mon ami. Parce que je sais que si je deviens comme eux, tu me le diras tout de suite et tu m'en claqueras une, parce que tu es une des dernières preuves de mon passé, parce que Mélancolie t'aime, parce que tu crois et que j'ai besoin de savoir si je dois encore y croire"
"Pourquoi tu n'y crois plus?"
"Parce que les gens sont des porcs"
"Nous on est la et bien la, et tu sais qu'on ne sera jamais comme eux."
"On ne sera jamais comme eux, mais c'est bien possible qu'ils nous battent, qu'ils nous avilissent, qu'ils nous gavent de drogue, qu'ils nous proposent une place qu'on accepte, un salaire, une maison, une voiture en échange de ferme ta gueule"
"Tu fermera ta gueule toi? Toi, la gamine libre comme le vent, celle que personne ne pourra attacher, celle qui ouvre ses grand yeux ronds devant l'injustice, celle qui a grandi de façon un peu tordue mais qui devient une femme dont je suis fier, toi la gamine la plus insolente que je connaisse, toi la gamine de Pédro, renoncer?"
"Parle pas de Pédro, t'as pas le droit ou je te défonce ta jolie petite tête. "
"Pédro serait-il fier de te voir renoncer?"
"Pédro m'a abandonné avant d'aller se camer au soleil"
"Pédro t'as sauvé, tu es sa gamine pour la vie. Ce qu'il t'as appris est la plus belle leçon d'humanité, la plus grande. N'oublie jamais ça ma petite Louise. "
Je rencontre les potes de ma soeur qui sont sensés me correspondre pas mal... Un avec des piercings partout et l'autre bien moche qui ressemble à Gimly mais en blond... On finit dans un pub sympa mais désert...
"Tu bosses à MacDo? Mais c'est trop laid de bosser pour une multinationale..."
"C'est pour payer mes études" (Le mec est au chômage et vit chez ses rempS)
L'autre mec fait genre de me commander un truc pour se foutre de ma gueule. Ce sont les potes de ma soeur, je ne peux pas être malpolie, je ne peux pas les remballer... Je donne un coup de dents a ma cuillère à défaut de leur planter une canine bien aiguisée dans le bras...
Quelques minutes plus tard
"Et tu fais quoi tu es en Art pla? (le "tu es en arts pla?" est récurrent dans ma vie, à peu près à chaque fois que je croise quelqu'un qui ne me connaît pas)
"Je suis à l'Ecole"
Et la le florilège, genre on est des gens super pédants (il a pas dit pédant parce qu'il ne doit pas connaitre le mot), on méprise les autres, mon école c'est de la merde qui forme des pourris... Alors la je n'ai rien dit j'ai donné un violent coup de crocs dans ma cuillère, j'ai attendu deux minutes qu'ils changent de sujet et je suis sortie...
"Dis je suis hautaine depuis que je suis dans École?"
"Non moi je t'aime comme tu es. Tu es géniale et nous on t'aime, Ecole ou pas Ecole, drogue ou pas drogue, Louise ou ..."
"Merci"
17:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.02.2008
Milieu de mois
Milieu de mois et pas à découvert... C'est quand même bien fait la vie...
Comme quand j'ai perdu à l'euromillion, je n'aurais pas su quoi faire de toute cette thune...
Enfin si je serai passée de la section relations internationales à la section finance... Chacun son porte feuille.
Je suis tombée malade. PAs gravement hein, juste 72h de sommeil et de cauchemars ininterrompus mais nolens volens la réalité a refait surface et j'ai décidé de rentrer voir mes frères et mes soeurs et ma maman...
Et oui le petit poussin est en manque de froid de vent et d'humidité... La glue ne remonte pas la colline.
Je passerai un autre week end avec les mythos potes...
Alors voila je vais vous laisser en route pour de nouvelles aventures.
(Oui je sais ça fait deux semaines que je ne suis pas allée en cours mais ça on verra à la rentrée... Je vais dire qu'une de mes Mère grand a passé l'arme de l'autre coté... Chacun est en route vers le voyage qui lui correspond le mieux...)
Demain je vais voir la thèse en pharma d'une des personne les plus brillantes de ma connaissance. Je ne vais rien comprendre mais j'y vais pour la picole après. Littéraires ou scientifiques on bois le même alcool....
A bientot les amis. Je ne vous oublie pas.
Babaille
Louise
01:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.02.2008
Ernestine
J'aurai pu choisir Ernestine comme pseudo... Parce que j'aime cette chanson...
Mais j'ai choisi Louise, une fille avec un prénom passé...
J'ai choisi un pseudonyme parce que la vraie vie ne me le rendra pas de toute façon...
J'arrive en boite, mon pote en sors, me tend un sachet, je sors une paille et la tape à la Beigbeder...
Je rentre, ne paie pas (VIPétasse), chope une verre, bois dans une bouteille... Sénario déjà joué...
Je danse jusqu'à 6h30, la lumière blanche et glauque de la boite révèle mes cernes...
On me met dans une voiture, un valium dans le bec et c'est reparti.
"A Mélancolie"...
Ma petite Mélancolie, si belle, si pâle, si discrète qu'elle en deviendrait secrète...
Mélancolie accochée à mes baskets trouées...
Mélancolie dubitative devant la fuite.
Mélancolie agacée par les pailles.
Mélancolie qui ne me laisse jamais...
Louise
23:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.02.2008
Des barres de rire...
Dans le Nord en Lorraine on dit "se taper des barres de rire" pour les moments ou on se marre. Parce que pour vivre en Lorraine, il faut avoir une sacré dose d'humour pour contrer les longs mois de pluie.
Quand il faisait moche, je me cachais sous ma couette avec moullt bédos et j'écoutais la pluie tomber sur le toit, le vent siffler et je frissonnait. C'était bon. C'était le temps ou je pouvais encore faire tous mes devoirs à 5h du matin.
Cette semaine je ne suis pas allée en cours et je ne vais pas y aller demain.
Une petite semaine de vacances...
Au boulot je me suis trop marrée... Mes colègues ont démonté un poteau de 15m de haut, cette bande de bras cassés, j'ai trop rigolé de les voir s'acharner contre ce poteau, tout ça pour hisser un drapeau MacDo tout en haut.
Tout comme le jour ou après la tempète de décembre 99 moi et mon père sommes montés sur le toit pour remettre en place les tuiles qui étaient tombées et que l' insupportable de mon père a sonné. Et il était à 4 pattes sur son toit, le téléphoné à la main, le genou dans la neige, et moi je voyais loin la campagne toute blanche. Et je me suis tapé un fou rire mémorable, j'en ai pleuré.
Et ce soir aussi, j'ai bossé avec le manaGer que j'aime bien. C'est toujours un plaisir de bosser avec lui. Il ne fait pas chier. MAis depuis deux semaines j'ai un nouveau jeu quand je suis en caisse. Le jeu de la frite incurvée. Si jamais vous êtes des fervents clients de mon fast food vous avez pu apprécier la nouvelle sorte de frite qu'on y fait.
Sauf que les gens ne savent pas prononcer le nom parce qu'il faut le dire "in english please". Alors ils tentent des tactiques d'évitement assez cocasses comme le baragouinage en tout genre. Et moi ça me fait rigoler. Alors je dis "keuuuuurviiiiiinG fraïïïïïeZZZZZZZ", et les gens ça les fait marrer. Et après je me fait draguer par les gars. Quand il voient comment j'ai la classe quand je parle anglais, je suis irrésistible.
Je suis très bon public surtout de mes propres blagues...
J'ai tenté d'expliquer à mon manaGer que si je faisais rire les clients, ils m'aimaient bien et revenaient juste pour voir mon sourire et entendre "keeeeeeuuuuuurviiiiiiinG FraaaaaaaIIIIIIIIzzzzzzzzz"
Mon manaGer aussi ça le fait rigoler, il a complètement craqué.
ManaGer: "Salut ma grande, ça fait longtemps"
"Ouais j'étais en arret, entorse du pouce"
Il me regarde avec ses petite lunettes...
"Je vais te traquer ma grande"
"Pourquoi"
"Parce que tu me fais rire. Tu fais rire les gens malgré toi... Avec ta bonne tête on ne peut pas t'en vouloir."
Alors j'ai rigolé... J'ai haussé les épaules et je suis repartie me prostituer pour Ronald...
Ronald petite maquerelle...
Ronald petite maquerelle de seconde zone...
Hochement de tête...
Nique ta mère Ronald... Avec ta petite frite...
:)
Louise
Je suis rentrée du boult et il n'y avait personne chez waM, alors j'ai facebooké un peu, histoire de... Et ma coloc' est rentrée, j'ai tenté de lui expliquer combien c'était drôle mon histoire et elle a dit "je m'en branle de ton taf".
Je n'ai qu'un mot: on ne peut pas tous avoir des parents médecins qui paient nos études... On peut aussi avoir un père qui s'en tamponne le coquillard et une mère dépressive et un taf à la world company...
On peut avoir une mère présente et un père compréhensif. On peut aussi tailler son destin à coup de "pourquoi?"
On peut grandir dans un environnement sain. On peut aussi avoir grandi dans une famille étrange, avec un père absent et une mère défoncée.
On peut avoir eu une scolarité parfaite qui mène logiquement dans une grande école. On peut aussi avoir erré toute son adolescence de bars en bouges, de teufs en teknival, de pétards en traces, de sourires en suicides.
On peut faire semblant d'être ouvert. On peut aussi avoir des potes dans une grande école et rigoler aux conneries d'un manaGer au Macdo.
On peut faire semblant d'être pauvre, parce qu'être pauvre c'est chic. On peut aussi bouffer macdo tous les jours parce qu'on ne le paie pas.
On peut grandir simplement. On peut aussi être exteme pour se dire "Live fast and die young"
On peut aimer les pauvres en photo et manifester contre le CPE. On peut aussi avoir fait la manche.
On peut mépriser sa femme de ménage qui ne range pas les affaires à la bonne place. On peut aussi avoir lavé des chiottes pour se payer un ordinateur.
On peut être quelqu'un de médiocre. On peut aussi se battre pour rester soi même.
On peut accepter par peur de se battre. On peut aussi décider de retourner à l'école.
On écouter les autres parce que ça rassure de ne pas être comme eux. On peut aussi réconforter l'autre.
On peut se foutre de la gueule de sa coloc' qui s'amuse à son taf de merde non qualifiée avec des gens qui n'alignent pas trois mots de français et ne sauraient manier le plan type de la dissert'. On peut aussi rigoler aux cabotineries de son manaGer...
On peut être tout le monde et rêver d'un joli pavillon avec une barrière blanche et un chien. On peut aussi rêver de la famille qu'il y habitera.
On peut laisser les autres décider, cataloguer, étiquetter, caser, ranger. On peut aussi être une contradiction bien en vie.
On peut parler des pauvres. Mais on peut aussi être pauvre.
On peut se moquer de sa mère. On peut aussi essayer de ne pas juger sa mère.
On peut faire semblant. On peut aussi vivre.
On peut être quelqu'un de médiocre. On peut aussi essayer d'être quelqu'un d'exeptionnel.
Louise (au carré)
00:38 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07.02.2008
En allant au boulot
Je pense que maintenant vous vous faites une idée assez précise de mon boulot. Ce boulot mine de rien occuppe un temps de ma vie assez important.
Et ce n'est pas au centre ville. Je prends donc les transports en commun. Je prend la ligne 17. Il y a deux bus pas heures, et bien sur je suis toujours en retard. Je le loupe de temps en temps.
Mais aujourd'hui c'est différent, je suis arrivée à l'heure mais le bus était déjà parti. J'ai alors attendu une demi heure le bus suivant. J'aime beaucoup attendre à l'arret de bus en fumant des cigarettes... Et je regarde les gens qui s'arretent au feu rouge.
Quand on étudie dans une grande école, c'est une sorte de ghetto intellectuel, on commence à croire que tout le monde peut parler de tout, a de la culture et des ambitions.
Sauf que je travaille dans un fast food. C'est une sorte de bol d'air... De gens qui galèrent comme moi, qui sont simples. Qio ne me voient pas comme la présidente de telle assO étudiante mais comme une étudiante normal. Et puis la plupart ne font pas d'études.
Dans le bus je regarde la route défiler, le nez collé à la vitre.
La ruda salska... Et un instant j'ai souri. J'ai souris en pensant à plus tard. Quand moi et mes frères et soeurs on ferait des repas de famille, et j'ai imaginé le joyeux bordel. Je nous voyais bourré au champ' avec du bon reggae en fond. J'ai éduqué toute la mifa au reggae. Même mon père en écoute.
Au collège j'aimais le reggae, j'ai découvert le dub au lycée et après la tek et pour finir le bon elektro.
Après le taf, je me suis posée dans une voiture avec mes collègues et ils m'ont fait écouté le dernier album de Britney...
Fumer une cig', manger un big mac, rentrer et faire ma dissert' sur le marché du travail des précaires.
Est-il possible d'être à la fois juge et partie? Celle qui vend des big mac et qui lis des livres pour mieux comprendre le monde?
Contradictions...
Louise
00:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.02.2008
Hold and uP...
Résultats des partiels: me voila admise pour le premier semestre. Avec un temps de travail personnel ne dépassant pas les 2h par semaine, un taf à coté d'environ 17h par semaine, 30h de cours séchés par semaines...
Vénérable institution...
Hold Up, Kerviel si tu m'entends, on devrait s'entendre tous les deux.
Moi je l'aime bien le petit gars. Et la SG est très bien notée en ce qui concerne les contrôles. Ca doit être beau ailleurs... Bon j'avoue je suis à la BNP... Ils vontt peut-être racheter la SG (ces foireux ont loupé une OPA il y a quelques années, branlos de financiers).
Vous avez vu le film trader sur la 6? La semaine dernière... Ils ont trop d'humour pour les clients de la SG à M6. (Ils sont marrants sur les chaines privées....)
Je suis retournée au boulot. Tout le monde me parle du bac MacDo (eh connard moi j'ai déjà le mien de bac, Es spé math mention B, alors Ronald me sodomise 15 h par semaine, va pas non plus me filer un joli diplome à la fin en management...)
Le seul problème si je pars de cette école c'est que je ne pourrais plus dire. "Ok j'ai une tenue anti sex à l'extreme genre Bee movie mais peut-être un jour je serais ton patron alors regarde pas mes seins comme ça..."
J'ai eu mes partiels...
Comme quoi tout arrive. J'ai remonté des notes. J'ai 7,5 en LV2, 10 en LV1 et 13 dans ma spécialité, 9,5 en CG... (la loose les TD).
Donc je pars avec des points de retard... Je claque un 15, deux 14 et deux 12... (Bim dans les matières ou je kiffe le prof... les autres plutot la loose... Je ne dis pas que c'est de leur faute, hein, juste que je marche à l'intelliigence du prof, plus il est con moins je travaille..)
J'écoute les Beatles. Rien ne vaut la old school... (ça nous rajeunit pas dis donc ^^)
Ce matin, j'allais au taF, en courant parce qu'il pleuvait. Et ça m'a fait plaisr qu'il y ait eu de la pluie. Parce que la pluie c'est comme un petit bout de Lorraine... Je sautais au dessus des flaques sans avoir besoin de tenir ma capuche comme ces sudistes affolés...
Mes baskets blanches qui frappent le pavé. A chaque pas, des gouttes d'eau. Splotch, splotch. De la buée... Je cours après mon bus. Je cours tout le temps, je ne suis jamais à l'heure... depuis que j'ai déménagé. Je me suis laissée aller.
Au lycée, j'étais sous contrat, je ne devais jamais arriver en retard. J'étais mise à l'amende sinon...
Maintenant comme je ne vais plus en cours.... Ce n'est pas grave. Il faut juste que j'arrivé à l'heure au taf. Que la pointeuse enregistre mes horaires.
La pointeuse dénonce quand on fait trop d'heures sup'. Alors travailler plus pour vous savez quoi... Mon cul c'est pas du KFC..
Louise
20:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.02.2008
Avant
J'étais en internat et puis mon père a appelé. Il m'a dit "rentre à la maison mercredi".
J'ai refusé. Il m'a dit "c'est obligatoire"
Je suis donc rentrée chez mes parents après ma matinée de cours.
On a mangé du poulet roti comme tous les mercredi après midi. C'était du poulet roti du marché.
Je mangeais comme une grosse gloutonne comme pour avaler la tension qui régnait à table. Chez mes parents ça a toujours été très tendu mais cette fois ci c'était différent.
A force de ne jamais savoir comment allait ma mère, par peur de s'en prendre une si on l'ouvrait, j'ai développé un 6ème sens qui detecte les tensions entre les gens.
Ma famille avait fait de moi un être ultra sensible, fragile...
C'est mon père qui a pris la parole. Ma mère était à table pour une fois. Pendant 5 ans elle a refusé de s'assoir à table, mangeant seule ou ne mangeant pas.
Je me suis tue... Chez moi il ne vaut mieux jamais l'ouvrir, on se sait jamais,la main de mon père est supersonique et ma mère apathique ne réagit pas...
"Il faut que je te dise quelque chose"
Je suspends mon geste, un bout de poulet enduit de mayonnaise.
"Cindy est décédée, elle s'est suicidée dimanche soir, tu veux aller à l'enterrement cette après midi?"
Je repose délicatement le morceau de poulet.
Je regarde mon assiette.
Je regarde mon père.
Je regarde mon assiette.
Je baisse les bras.
"On est la si tu as besoin"
Une rage ultime m'envahit. Je me lève, devient folle, hurle, prends mon assiette, la jette par terre, hurle, balance tout ce que je trouve par terre. En 5 secondes la cuisine ne ressemble plus à rien.
Ma mère lève lentement le bras.
Mon père m'attrape, me colle une claque. Je tombe par terre. Je sens le carrelage froid contre ma joue. Je sens le sang battre dans mes tempes.
"Arrete de pleurer. Soit digne un peu." Chez mes parents il est interdit de pleurer, il est interdit de montrer ses sentiments. Leur éducation fait de vous un bloc de pierre.
"Je ne veux pas y aller"
"Tu risques de regretter, c'est ta meilleure amie"
"c'était..."
Mon père me pousse du pied.
"Debout"
Je ne bouge pas.
"Debout"
Je ne bouge pas
"DEBOUT ou tu va t'en souvenir"
Je me suis relevée avec difficulté.
Et on est parti, ma mère, mon père et moi. Ma mère était une copine de sa mère.
Je suis arrivée. Il y avait plein de jeunes que je ne connaissais pas. Parce que moi je m'étais faite virée du collège de mon secteur.
Ils parlaient d'elle. Moi je ne l'avait pas vue depuis un an.
On s'était éloignées. Mais c'est la fille avec qui j'ai passé le plus clair de mon enfance.
Je dépose une rose blanche sur le cercueil.
Je vois sa mère. Qui me reconnait.
Je reste suspendue à son regard longtemps.
Je ne bouge plus.
Je retourne vers le fond de la salle.
Je n'arrive plus à respirer. Je sors lentement, m'assoie, tente de respirer et sors ma ventoline...
Ma mère me rejoint.
Je pleure.
"Ne pleure pas, c'est indigne"
Je ravale mes larmes.
On sort.
Je monte dans la voiture.
Ferme les yeux. Mon père me largue à la gare.
Je suis sur le quai. J'attends que le train passe...
Le premier train passe, je le regarde.
Je ne peux pas monter dans un train.
Je ne peux pas bouger.
J'ai attendu longtemps.
Et j'ai vu une voiture qui s'arrete.
Mon père en sort.
"Mais arrete tes conneries deux minutes. Tu ne peux pas être raisonnable et monter dans le train une fois pour toute."
Je ne bouge pas.
Il appelle ma mère.
Elle arrive. On est tous les trois sur le quai de la gare.
Je ne bouge pas.
Le train arrive.
Mon père prend mon sac, ouvre la porte du train, me pousse dedans et part sans un regard.
Dialectique de l'abandon...
Un jour je construirais une famille...
21:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Corbeau
Week end...
Une semaine d'arret de travail pour un pouce en vrac. Mes cauchemars coutent cher à la sécu. Une semaine sans pouce gauche... Pas facile de se gratter le dos...
Une semaine aux frais de la Princesse "système de santé"
Une semaine sans bip de timer, de grill, de frites, de gobelets jetables...
Deux soirées en deux soirs...
Les gens parlent.. beaucoup... Indifférence de ces petits égo moches, jaloux ou simplement humains...
Dommage... Besoin de reconnaissance sociale pour certain... C'est moche, c'est laid... Finir petit bourgois avec des plis de graisse, une silhouette empatée par tant de sédentarité...
Rester droit et honnête...
Bienvenue dans la vie réelle... Pas moyen de taper sa ligne et de se prendre pour le roi... Pas de son pour tout oublier...
Apprendre...
Rester soi même...
Petite gaMine devient grande et a toujours envie de fuir tous ces cons...
16:07 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


