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27.03.2008

Unis sous les mêmes couleurs

Partie pour un week end, je vous embrasse tous bien fort...

Soyez sages et n'écoutez pas trop votre Maman parce qu'elle a oublié sa jeunesse débridée.

Louise 

26.03.2008

Petites annonces

Petite Gamine paumée cherche squatteur attentionné pour soirée kétamine.

Etudiante en grande école frustrée cherche bête de sexe pour soirée alcolisées.

Petite Gamine droguée cherche dealer arrangeant pour échanges improbables.

Etudiante en grande école déçue cherche amoureux sans illusion.

 

J'ai envoyé ma demande pour mon stage sous le regard réprobateur de la directrice du bureau des RI..

"De toute façon, il n'y a pas 15 000 personnes qui veulent aller au Congo."

 "Oui mais il y a moi, et c'est important pour moi..."

 

 

Petite Gamine paumée cherche destin pour relation durable.

Etudiante en grande école cherche un stage intéressant pour cursus scolaire étrange.

Petite Gamine paumée cherche avenir pour relation suivie.

Etudiante en grande école cherche poste atypique pour épanouissement personnel.

 

J'explique à ma coloc' comment se servir de la base documentaire de l'école. C'est le minimum quand tu es en deuxième année.

"Et tu fais comment pour tes sources d'habitudes?"

"J'utilise wikipédia"

 

 

Petite Gamine paumée cherche défonce à tout prix pour vie de junkie.

Etudiante en grande école cherche jeune homme tendre pour sexe anal.

Petite Gamine paumée cherche vertu à admirer.

Etudiante en grande école cherche junkie à épouser.

 

 

Je remplis la case temps libre dans ma demande de stage. "Lecture, peinture, photographie". A la place de alcool, cocaine et sexe... Vice privé, vertu publique?

 

 

Petite Gamine paumée cherche potes pour amitié défoncée.

Etudiante en grande école cherche jeune homme souriant pour amour détaché.

Petite Gamine paumée cherche famille à adopter.

Etudiante en grande école cherche avenir à construire...

 

Louise 

 

25.03.2008

Cocaïne, repas de famille et Mélancolie

Je monte dans l'avion, j'ai fumé 3 pétards avant de monter... histoire d'etre stone une fois dans les nuages... J'ai les yeux rouges et le regard écarquillé. Je me mets près du hublot.

J'atterit en Alsace une heure plus tard. Mon géniteur m'a promis de venir me chercher. (ce qui m'arrange avec mes deux euros en poche, faire la manche à l'aéroport pour prendre la navette même pas pour rire ). Il n'est pas la (Quelle surprise). Je vois un mec qui lui ressemble. Ca fait deux ans que je ne l'ai pas vu alors bon, je sais qu'il a maigrit, qu'il sort avec une pétasse blonde au gros cul et maquillage vulgaire. J'ai peur de ne pas reconnaitre mon père. Je sors un pétard de ma poche., sors de l'aéroport, l'allume... Vois mon père arriver. Je ne peux plus cacher mon blaZ... Assume.

"Tu fumes du shit"

"Ouais"

"Viens on va récupérer tes affaires"

 

Il récupère mes affaires, je fume mon blaZ dans sa caisse.

Je rentre dans sa maison, il a transformé ma chambre en cagibi.

 

 Il m'emmene à mon poney club. Deux ans que je ne suis pas venue. J'enchaine les cigarettes.

Pars en ville. Prend le train et roule mon blaZ de beuh tranquille devant le controleur. Monte dans une voiture, pars en direction de Maas... Premier coffee. On en fait 5...

Retour en ville. Il est 9h du matin. J'arrive chez ma mère et lui offre un sachet de white widow. On va voir bienvenue chez les chti avec les tickets du CE. On bouffe au domac avec ma carte entreprise.

Retour en ville. J'appelle. On me livre 5g de coco. Anciens contacts. Ils sont tous tombés mais il en reste encore quelques uns. J'arrive dans l'appart de ma pote, sors ma carte vitale. On s'enferme à deux dans la salle de bain.

On part en boite au Lux', m'enferme dans les toilettes. Même rengaine toute la soirée. A deux, 2,5g...

Je retourne chez ma mère, il est 9h. Je file à la gare, mon père vient me chercher. En route pour chez Mamie. Je vois mon cousin. On parle de ma coco autour du gigot pascal. Le même depuis 20 ans.

Je lui fais gouter ma coco sur la coiffeuse en bois de ma grandmère.

Regard écarquillés et pupilles dilatées...

Prend mon enveloppe de thunes en écoutant ma grand mère regretter le fait que son deuxième arrière petit fils ressemble a un arabe comme sa mère. Il n'a pas choppé les cheveux blonds de sa grand mère née d'un père allemand en 44 en Moselle...

Retour en ville. Ma mère a apprécié la white widow. Elle m'emmène à l'anniversaire de ma soeur. On me chambre sur mon école mais plutot content de gouter à ma super skunk...

Chants anar' et soeur bourrée.

Mélancolie bois trop de bière. Vomit son whisky et se tape le restant de la coco avec les anciens combattants.

 Je rentre chez ma mère a pied. 1 heure de marche.

Ma mère se roule un blaZ, je fume avec elle.

Retour en ville. Prend le train et vois mon autre soeur. Je finis ma beuh avec elle. Fais la sieste.

Retour en ville, une barquette de frite assise par terre dans la gare... Mélancolie.

Il neige, je monte dans un train. Je fais semblant de dire au revoi à des inconnus.

 

Retour dans le Sud...

 

17.03.2008

"Tu es une catastrophe"

Je finis le boulot jeudi. Ce qui me laisse encore 3 jours de taf et après au revoir Mac joB. Sur mon sac pour aller au boulot, j'ai écris au marqueur: "Ronald m'encule 15h par semaine pour 7 euros de l'heure. I'm loving it".  Mon directeur n'a pas aimé.  (Pourtant j'ai mis le TM à coté de I'm loving it)

 

Bienvenue dans la France qui aimerait se lever tard...

 

J'ai cherché toute la journée un sex toy... Pour essayer. Trop cheap ce qui est dans mon budget... 

 

Ma coloc' retombe amoureuse de son ex. Ca lui fait peur d'etre seule. Moi je m'en fous. De temps en temps j'aimerai un mec juste pour dormir contre lui et ne plus avoir à faire aux autres.  J'aimerais pouvoir m'enfermer dans ma chambre avec de la peinture et une toile immense.

 

Je mange un sandwich avec un collègue qui m'explique quelles filles le draguent... Alors on cherche à déterminer laquelle serait le mieux. Moi j'ai couché avec un collègue. Celui qui se prend pour un Dieu et qui flotte dans son préservatif.

 

Mon coloc' est amoureux. Ca le rend niais. Sa meuf l'appelle "bébé".

 

J'entends ma coloc' rigoler comme une gamine. (Cette note doit sentir la vieille fille aigrie, mais je n'aime pas le couple pour le couple). Ca doit petre rassurant de savoir que quelqu'un vous attend quand on est à l'étranger et que quelqu'un pense à vous le soir avant de s'endormir... Rassurant mais égoiste.  J'aime pas cette pseudo euphorie de la relation qui démarre, les sourires enflammés. J'aime pas l'amour démago, l'amour qui se regarde avant de regarder l'autre. Je n'aime pas l'amour passion, les relations fusionnelles à deux balles, les sourires en coins et les texto pressants.

Je n'aime pas me perdre moi pour me retrouver à deux. Je n'aime pas la jalousie, les adjectifs possessifs, l'amour de fête foraine, l'amour qui dégouline le cliché, la bourgoisie et les maisons-avec-une-barrière-blanche-et-un-labrador...

Je n'aime pas les déclarations d'amour, les mariages et les mères qui pleurent. 

 

J'aime la liberté d'aimer tous les jours. De choisir mes sentiments au lieu de me laisser emporter par des passions absurdes. J'aime mon célibat aux couleurs de liberté. 

 

Je n'attends pas l'Homme, je le rencontre... 

 

16.03.2008

Un coté cheap, les bourgeois à la lanterne

Crise de nerf annoncée, finalement réalisée à propos d'un sandwich au poisson avec double dose de fromage.

Le dos cassé, je rentre lentement... J'appelle plein de gens. Pas de réponse. Ma coloc' rappelle. Soirée de lesbienne. Je m'y pointe, enquille quelques bières mais finalement ça me gave.

Des jeunes défoncés au poppers (mais si je te dis que Popper a montré que la psycanalyse n'était pas une sciences... Quoi? Que je mette mon nez au dessus d'autre chose que de la cocaine? Oui je suis une conne... Conne et frustrée, merci. En même temps je ne cours pas derrière le seul hétéro de la soirée...) qui cherchent un partenaire sexuel du même sexe pour la soirée. Décliner les quelques invitation d'un "je suis hétéroclite" du bout des lèvres et passer pour une vielle réac' (comme c'est banal de coucher avec quelqu'un de l'autre sex' quand c'est pas un trans...)

En sortant je vois notre hote essayer de raisonner une meuf bourrée qui tente de récupérer ses clefs de voiture... Ce n'était pas une lesbienne propice au fantasme. 1m60 et 80 kg au bas mot.(Je sais j'ai toujours été très bonne au concours d'évaluation du poids du jambon à la kermesse du village). Bref la meuf faisait une tentative quand nous nous sommes approchées (moi et ma coloc' je veux dire). Elle en mode "truie qui défend les porcelets" (comprenez porcelets c'est à dire ses clefs de voiture), moi en mode "hétéro en manque dans une soirée gay" (comprenez "viens pas me parler")

La grosse tente d'ouvrir la porte et ma coloc' la repousse. Je mets une petite poussée et à 4 on la maitrise. Ca dure encore un bout de temps. Et ça me gave. Je veux juste rentrer dormir, limite voir si mon plan Q (un autre) répond et finir ma soirée tranquille. D'une main je choppe ma coloc' par derrière, de l'autre je pousse la grosse et tire la porte.

Je regarde ma coloc", le fou rire de malade dans les escaliers...

Ca sert à rien les week end.

 

J'aimerais tomber amoureuse maintenant pour des adieux déchirants quand je partirai à l'étranger. Il faut que je me dépèche. J'aimerais bien être un peu niaise comme mes copines qui disent "mon mec"...

 

J'aimerais un mec sensible, des sms de "bonne nuit" et des "non on ne le met pas sur facebook c'est un peu tot", un mec qui sert à rien genre de mec que tout le monde envirait dans mon école parce qu'il n'a pas choisi d'aller en école...

Un mec qui dirait "désolée tu es mignonne mais je suis fidèle, ma meuf est à l'étranger pour un an. Et je l'aime". (Un "tu comprends chérie, t'es bien gentille mais je préfère rester avec ma meuf qui est à 12 000 bornes plutot que de me taper une fille banale comme toi")

 

J'ai besoin d'air... 

 

  

14.03.2008

Management et crises de nerf...

Je sors de mon cours de RIC (relations internationales contemporaines), j'aperçois une silhouette familière avec une chienne au bout d'une ficelle. J'avance lentement.

"Gamine, je t'aime"

Et il disparait.

Et je me réveille enroulée comme un nem trop cuit dans mes draps.

 

Je suis au boulot. Un mec me fait, "Hey Gadji tu m'donnes de la mayo?". "Un s'il vous plait, non?". "Qu'est ce que tu t'emboucanes." "Qu'est ce que tu m'parle comme ça".

Et une bande de 5 renois qui débarquent, les collègues qui font le ménage. "T'as un problème gadjo, viens on va régler ça dehors" "C'est bon laaaaaaa" "Alors excuse toi". "Excuse moi"...

 

Retour dans mon école, exposé en allemand sur Kafka. Expliquer l'oppression qui ressort de ce livre. Expliquer l'absurde vérité. Un monde qui n'a pas de sens...  

Faire les mots fléchés du métro en 10 minutes en allant au taf. Entendre une collègue m'expliquer à quel point elle est dégoutée de bosse et au retour avoir juste mon casque vissé sur la tête.

Expliquer à un gars du quartier que tu t'en fous de passer pour une salope. Que t'es pas muslim alors tu fumes, tu bois et puis... tu baises. Tu lui expliques que ta sexualité n'est pas un tabou...

Retourner à l'école et expliquer en allemand au prof tes récents déboires facebookiens, lui expliquer facebook par la même occasion...

 

Faire la bise à des milliers de gens... des milliers de fois et ce tous les jours. Attendre comme un con devant la machine à café. Penser à négocier un local d'asso pour pouvoir disposer de ta cafetière.

Trouver que ce bas monde a du bon...

Préparer un scandale pour un week end alcolo-sportif. 

Et puis affronter... les cours, les profs, les notes, les clients, le regard du squatteur du coin... 

 

13.03.2008

Facebook ou petites insultes entre amis...

Naivement, j'ai posté un commentaire sur une vidéo d'une autre école. Rien que de la provoc' gentille sur leur film histoire de teaser un peu le mien...

Et j'ai reçu une floppée d'insultes, de petits puceaux de première année qui se touchent devant leur ordi en dissertant sur la position dans laquelle ils allaient me violer. 

Des insultes perso avec mon nom à chaque ligne.

Des gars qui ont réussi un concours avec une prépa payée par Papa et qui n'ont plus que ça à faire de leur vie.

D'un pathétique... 

Ils ne savent pas... 

C'est dingue à quel point le désoeuvrement peut faire dire des conneries à des prébubères qui se comptent les poils du menton...

 

 

J'ai fait une dissert' sur les banlieues. Deux mondes qui s'ignorent...  Le prof m'a choppée à la fin du cours, quand il a rendu les copies et que j'ai eu 16.

"Vous n'êtes pas scolaire..."

"Vous entendez par la que cette très Sainte Education Nationale a toujours essayé de me réorienter?"

"Vous avez échappé au formatage, votre plan est toujours différent..."

"Non. Je suis juste formatée différemment..."

 

J'ai découvert une nouvelle matière, c'est analyse quantitative de données. Je croise des criitères à la con: Est ce que les filles qui ont le wifi votent à droite?  Rien de plus absurde qu'un sondage. Rien de moins absurde que de le vider de son sens.

De casser les cases, d'effacer les extrèmes et de ne pas comptabiliser les non réponses.

Mon plan Q ne répond plus. Misère... Je lui ai envoyé un message: "T'as le SIDA ou une meuf". Il a répondu "Salope".

Je vois des visages toute la journée. Des silhouettes mais pas beaucoup de gens. Mon coloc', lien avec l'extérieur, qui me donne des nouvelles... 

Dans le Sud rien de nouveau...  

 

 

10.03.2008

Soirée electorale...

Ceux qui me lisent depuis longtemps ne peuvent ignorer à quel point j'adore les elections. A quel point j'aime la cérémonie républicaine et à quel point j'y crois. Je m'en fous du résultat, et mon candidat n'a jamais gagné...

J'aime bien les gens de mon bureau, j'ai déménagé mais je n'ai pas fait mon changement d'adresse pour continuer à voter dans ce bureau. Je me suis fait engagé pour dépouiller. (J'ai dépouillé les 4 dernières élections...).

J'ai revu mon "date" du bureau de vote... (L'année dernière, j'avais naivement cru que c'était possible de choper au bureau de vote...Il parait que c'est possible de chopper sur facebook, alors pourquoi pas dans un isoloir?)

C'est allé vite, j'ai de l'expérience maintenant, j'ai pu hurler code 17 (pour une enveloppe sans bulletin). Plutot tendues comme elections.

Je me suis posée devant la télé...

J'ai reçu un coup de téléphone. J'ai bredouillé 3 mots, j'ai raccroché... Je me suis levée... Et je n'ai réussi à rien. Alors je me suis rassise. J'ai composé le numéro de mon père. Et puis j'ai raccroché avant que ça ait sonné.

J'ai allumé une clope. Je l'ai éteinte tout de suite en toussant. J'ai pris de la ventoline. 

J'ai repris mon portable, j'ai appelé mon père et j'ai laissé un message:

"Papa, c'est Louise. Juste pour te dire que je t'aime et que je m'en fous que tu ais perdu les élections. Bon courage."

Mon père est maire depuis 19 ans. Je viens d'en avoir 20. J'ai toujours connu mon père maire. J'ai toujours détesté le fait qu'il soit maire. J'ai toujours détesté la mairie, les réunions jusqu'à pas d'heure, les "pas possible de faire ça, j'ai une réunion".

Et puis il perd.

Je suis brouillée avec mon père, ça fait un an que je ne l'ai pas vu. On a quelques contacts sporadiques par téléphone. Très souvent on s'insulte. Très souvent, je mets des coups dans les murs après les "tu n'es pas ma fille".

On ne peut pas renier ses parents. Même s'ils ne vous ont pas cherché quand vous êtes partis...

Et puis il perd.

J'aurais juste aimé être la et pouvoir pleurer avec lui.

Mon père c'est quelqu'un de très fragile. J'ai trop de peine pour lui. Mes soeurs s'en branlent un peu.

Et puis il perd.

J'imagine tellement la scène. Le dernier bulletin dépouillé. Le dernier espoir qui s'éteint. Le sourire de l'autre. Les mecs qui font la fête. Et mon père qui serre les dents. Qui se lève sous le regard de ses administrés. Les visages. Le parcours sans fin du fond de la salle... L'echec personnel.

Et puis sa nouvelle copine c'est pas ma mère. Ma mère aurait arrangé. Elle aurait su trouver les mots. Parce que ma mère sait trouver les mots. Elle sait trouver les mots pour expliquer à sa fille de huit ans qu'elle ne doit pas avoir honte de lire des livres. 

Il doit être tellement seul. C'est la première fois depuis qu'il a son portable que je n'ai pas réussi à le joindre... Qu'il l'a éteint.

Les choses changent...

Il est devenu humain.... 

 

 

 

 

06.03.2008

"Vous êtes un peu comme des esclaves alors" "Non, Monsieur, je suis libre et je n'ai pas de propriétaire"

Saleté de macjob...

Mon boulot a deux facettes. Il y a le soir, avec les délires entre équipiers les sandwichs spéciaux avec 5 tranches de fromage et plein de sauces, les fermetures où ma musique passe à fond dans le macdo. Mon manaGer adOre TTC...  Il y a les jours ou tu arrive à bosser avec ton pantalon noir dans lequel tes fesses te paraissant diforme mais comme dh'ab et ou tu peux fumer en speed une cigarette alors que tu est pointée. Tu vois les voitures s'accumuler au drive (bien sur, il n'y a personne pendant 1/4 d'heure mais quand tu attrapes ton briquet, les gens se déchainent...) et tu leur expliques gentiment avec ton casque qu'il va falloir attendre parce que bon voila quoi, tu as voulu te la claquer quand tu avais 12 ans et maintenant tu es dépendante au tabac. Cependant, s'ils me laissent fumer, je suis plus sympa et mieux disposée à leur égard. Tout le monde y gagne...

Et il y a le midi, le jour ou le biG boss de la marque vient dire "coucou c'est moi, éval' surprise!", et la tu craches comme une petite merde... Finalement ça t'apprend l'humilité ce job. Les gars de sciencespopoint devraient faire un stage comme équipier au domac...

Et puis il y a ta vie hors job. Celle intra-école. Celle ou tu foire ton exposé d'allemand parce que tu as dormi 4 heures, pour gagner quelques euros de plus à la fin du mois. 

Mais cette journée (à part cet exposé d'allemand sur le stylo que Merkel a offert à Sarkozy tombé à l'eau parce que le prof ne connait pas youtube...) est plutot géniale.

En sortant d'allemand, je tombe sur le prof qui a trouvé mon stage. Je vais le voir pour le remercier... Il me propose direct d'être mon directeur de mémoire... BIM...

Comment vous expliquer? Je suis la fille qui passe à travers les mailles du filet, celle qui est toujours un peu juste mais qui s'en sort... Et la, je suis en avance sur plein de gens, qui pensent que je suis trop cinglée pour réussir. Des gens qui trouvent que des piercings n'ont pas trop leur place dans une grande école... Ce genre de gens qui ne partagent pas les exercices du Memento du Germaniste...

Bref en des termes plus triviaux, j'en ai enculé une belle brochette sur ce coup la...

C'est rassurant... de ce dire qu'on peut être bizarre et choper un des meilleurs stage de la promo sans piston. (Non désolé, mes parents ne sont pas franc-maçons...)

J'ai fait en une demi heure une intro pour le TPE du petit frère de mon ex. Il a trouvé ça génial et m'a demandé ce que voulait dire "acception"... Encore une fois je m'aperçois du chemin parcouru et des nouvelles compétences acquises... Bref je suis contente...

Le chemin est long, très long... Dur. Cette année n'a pas été la plus facile de ma vie. Pas aussi dure que ma première (l'année la plus difficile de ma vie), mais dure quand même. Une année qui a commencée à Beaubourg avec un serveur de chez Georges et qui m'a dit: "Tu fais une crise existencielle, tu es un peu jeune mais ça passera si tu te poses les bonnes questions."  J'espère qu'elle se finira avec un allez vers Brazzaville...

Louise C.  

(Et je relis ma note, et je me rends compte que j'ai oublié la bonne nouvelle: ma collègue est enceinte. Elle galère pour avoir des gosses... Et puis bim son ventre s'arrondit et son visage s'éclaire... A méditer...)

05.03.2008

Ma folie

Mélancolie te veille, oh mon ami...

Un jour, je faisais la manche à la gare, parce que ma place c'était la gare. Parfois j'y croisais d'anciens amis. Quelques échanges laconiques... Tu réponds quoi à un "Tu deviens quoi?"  "Ben rien tu vois, je suis une squatteureuse..."

Et puis un jour, une bourgeoise surement bien pensante, a du signaler qu'une petite faisait la manche au lieu d'etre à l'école et de subir cette belle acculturation bourdieusienne. (Il faut quand même que l'on forme quelques belles secrétaires qui font fantasmer leurs maris et testent la sincérité du lien matrimonial...) 

Ou peut-être pas. Peut-être qu'ils sont venus tous seuls comme des grands. Il m'ont demandé de les suivre. Alors je me suis levée lentement, j'ai récupéré mon sac, lentement. J'ai resseré les bretelles très lentement. Vidé mon gobelet. Ils m'ont regardé d'un air méprisant... Je suis passée devant eux. On est sorti de la gare. Et la j'ai commencé à courir très vite, le plus possible.

On ne peut rien contre des flics encore pas trop gras. J'ai entendu le bruit de leur bottes sur le pavé. Il a attrapé mon sac. J'ai entendu un craquement. Et mes affaires se répandre par terre. Je pouvais tout laisser... tout sauf la seule photo de ma famille. Alors je me suis arretée, et j'ai essayé de tout ramasser sous leurs moqueries... 

"Ramasse ton butin, sale tox.", "De toute façon tu récupèrera rien après ta gardav...", "Tu t'es vue? T'es moche et tu pues".

Mais ce n'est pas grave... Quand ils se sont bien moqués alors ils m'ont empoignée, soulevée et trainée jusque dans leur voiture.

J'ai eu peur. J'ai pensé à mes parents, à Pédro, à ce que j'avais fui. J'ai pensé à la torgnole de mon daron. Pas celle qui fait mal, celle qui humilie...

Il m'ont emmené au poste central.

Ils m'ont fait entrer dans un bureau. Ils m'ont demandé mon nom.  

Alors j'ai dit "Louise la Gamine"

Ca leur a pas plu. Alors ils se sont énervés. Mais ça sert à rien. J'ai demandé à bouffer. Ils m'ont filé un kinder bueno et un café. (Merci les gars... Ca te rempli le bide ça...)

Après ils ont appelé l'assistante sociale pour que je parle. Mais j'ai rien dit.

Après c'était déja le soir. Alors ils m'ont emmené gentiment au foyer d'hébergement d'urgence des jeunes. Aves les racailles et les sans papiers mineurs. On m'a filé un rencard avec une autre assistante sociale. Je suis allée manger, j'ai pris une douche d'une demi heure en taxant du gel douche à une meuf. Je suis retourner choper de la bouffe.

J'ai ouvert la porte. J'ai senti le gout de l'air frais...

J'ai chantonné et je suis retournée au squat.

J'arrive au squat belle et propre.

Pédro lève un sourcil. Sa chienne la Castafiore couine de toute ses forces.

Il m'ignore.

"Tu étais passée ou?"

"Chez les chtarres" (Prononcez chtaRRRes, les lorrains ont le R très dur)

"Alors?"

"Alors rien, ils m'ont gardée la journé, m'ont emmené la et puis je suis revenue"

Brusquement il m'entoure de ses bras.

"Petite conne, j'ai eu trop peur."

Il se tait pensif.

On s'isole. Je m'entoure de couvertures. L'hiver commence à être rude. Obligés de dormir tous les deux collés avec la chienne. Je lui file ma manche du jour... On met la manche en commun, lui en utilise plus que moi, mais la revente de son traitement de substitution nous permet de manger un peu plus...

"Me refait jamais ça, disparaitre comme ça."

"Promis"

Je m'endors épuisée...

Le lendemain, réveillée par un coup de pied.

"Allez on passe en mode furtif, on se casse"

"Ou ça?"

"..."

"Prend tes affaires, parle pas, on y va"

Une heure plus tard, le panneau devant notre pouce tendu indiquait "Lyon, Marseille, Barcelona".

"On se casse pour qu'ils t'oublient, si tu es revenue c'est que tu le voulais. Maintenant on se barre. Et puis la bas, on crève pas de froid, il y a des squats et je connais des gens"

Suivre un mec au bout du monde... Il en faut de la confiance. Tendre le pouce. Deux squatteurs et une chienne. Pas bien propres, pas bien fiers, crevant la dalle. Un tox, une gamine et un sac à puces...

Deux silhouettes un peu chancelantes dans la lueur du matin sur le bord de l'autoroute... Un pour soutenir l'autre... Lequel soutient l'autre, on ne sait pas très bien.

Deux sacs qui contiennent deux vies. Pas grand chose mais c'est toujours ça. Un peu de bouffe, un peu de bouffe à chien, un peu de came et de tranxen. La chienne au bout d'une ficelle.

Ma folie...

Mélancolie te veille oh mon ami... 

 

 

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