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25.05.2008

Loin

J'ai reçu un mail de mon maitre de stage. Je vais partir bientot, d'ici fin juin.

Ca y est, fini les galères de "J'ai pas de stage alors que tout le monde en a un".

Je vais faire entériner mon sujet de mémoire.

Je vais faire un peu la fête.

Finir mes vaccins.

Coudre une ou deux fringues pour la bas.

Peut être voir mon père avant de partir.

 

Et puis le grand départ.

 

 

 

17.05.2008

American Wedding

Indécise. Envie de partir mais ou? J'irais bien une petite semaine à Berlin.

Dès que j'ai fini mes vaccins, je me barre.

Je suis à découvert.

Un peu en loosdé ces derniers temps.

Ma soeur nous joue l'acte III du drame familial, celui ou tout bascule.

L'apogée de la pièce. Après tout le monde meurt. Ou part. Ou se crève les yeux.

J'ai besoin de rire un peu.

Soirée tek ce soir.

Une barquette de champignons.

Je te fais un prix parce que je t'aime bien.

Tu me fais une carte de fidélité?

J'aime bien tes seins, tu veux pas payer en nature?

Si tu veux je te fais caca dans la bouche.

 

Et puis les vieux gens que je ne veux plus voir.

Mythos potes, potes de teuf, teufs de merde...

J'enflamme mes bolas et croise Mike mon vieux squatteur.

Il a une veste et des pompes.

On fait un petit set à deux.

Une chienne me saute dessus.

Castafiore.

 

Je tombe par terre.

Une pluie de lechouilles dégueu.

Je me roule par terre avec la chienne.

Je dors dehors avec le Mike.

On parle.

Il me paie une trace.

On ne se refait jamais.

 

 

On se fait réveiller par les flics.

Une fouille.

Ils oublient de fouiller mes poches.

Chronique d'une défonce ordinaire.

Rendez moi mes pilules.

 

On finira à l'HP comme les autres.

Allez viens on s'barre. On s'barre loin.

On ira nulle part. Comme d'hab. On part mais on revient toujours ici.

Mélancolie.

 

Louise. 

 

16.05.2008

Formulaire B 375, carte vitale et files d'attentes...

Je commence mes formalités de départ pour un départ je ne sais pas quand mais bon au moins je serais prête...

Alors je pars dans un pays qui sur les cartes du monde des dangers des maladies est absolument ROUGE sauf pour l'encéphalite japonaise. (Je rassure ma Madre comme je peux)

Je me pointe à l'hopital militaire, on me fait une petite carte toute jolie de civil qui a besoin de l'armée. Il y a un militaire amoché qui veut me laisser passer avant. Gentil mais je crois que mon vaccin peut attendre un petit quart d'heure.  (Et puis de toute façon il est dans la file militaire d'active et moi dans la file civil)

 Et puis je parcours l'hopital, je rentre dans le bon service et le médecin m'explique tous les risques. Bim une petite piqure.

Ils admirent mon piercing à la nuque. Rares sont les médecins qui le trouvent beau.

J'attends juste une date de départ. Pour pouvoir prévoir ma vie avant de partir.

L'attente c'est ce qu'il y a de pire... 

 

13.05.2008

Agence d'intérim, déménagement et festival

Je suis à nouveau une messine alors peu importe le reste. Je suis rentrée à la maison... Deux ans d'absence.

J'ai fait le détournement de courrier, résilié le contrat d'electricité, changé mon agence de banque.

Je suis retournée chez moi avec les beaufs, les toxs et les keupons.

A peine rentrée, déjà sortie...

Pas vraiment le temps de mettre mon blog à jour, tellement j'ai à faire. 

Je bois, je bois, je bois.

Enfin des gens qui ont la culture de la bière.

Un peu de son, un peu de teuf, un peu de pilules roses.

Je suis retournée au foyer pour leur dire ce que j'étais devenue. Un peu de fierté dans les yeux de la veilleuse de nuit et de la cuisinière. Beaucoup de mépris dans ceux de la directrice parce que pour elle on sera toujours de cas soc'...

Je suis allée au mac do et la manager a oublié un truc dans mon paquet. Je me suis fait un petit plaisir de lui faire la morale.

Vous avez qu'a travailler ici et vous verrez...

T'inquiète ma grande, je me suis fait enculer assez longtemps.

Et puis les agences d'intérim. Finie mon oisiveté tranquille. Faut bien gagner sa croute comme dit ma mère. (Alors qu'elle vit de ses alloc' et pensions diverses!)

Je suis retournée au quartier... J'ai vu les mêmes mecs en bas de la tour. Toujours la même 205 dégueu...

Je suis rentrée et bien rentrée... Et ça, ça fait plaisir! 

01.05.2008

Dégage

Si hier soir je n'étais pas bien, finalement chez mon père le rejet est un mouvement permanent. Ma seule chance est que l'année scolaire est finie, que je déménage dans une semaine, que j'ai plusieurs points de chute entre la Madre, la Soeur et puis Lui.

Quand j'ai eu mon bac, que mon foyer n'avait pas prévu que, non, ma famille ne m'accueillerait pas pendant les deux mois d'été, j'avais un point de chute (et encore...). 17 ans et pas de maisons, quelques cartons de livres, quelques souvenirs, des sapes...

Toujours pas de job d'été. Je me laisse vivre. Précarité quand tu nous tiens... Pas le sou en poche, même pas d'inquiètude. Mais pas de job signifie pas de squat chez la Madre. L'oisiveté est son privilège, pas le mien.

J'égrène sur mon CV, les jobs de merde. Je suivrais bien un petit CAP pour avoir un job d'été. La plomberie m'ouvre les bras...

La fin des eXams, je sèche le sacro-saint gala de fin d'année... Allez salut, je prends le large... Pour 4 mois...

La Soeur, le Frère et Lui viennent me déménager. Belle petite famille un peu skizophrène entre un père qui rejette, une mère qui accueille à temps partiels entre la débrouille, solidarité informelle, rêve de belles études, de s'en sortir...

Entre la drogue et l'acèse... Vacillante mais assez solide... Consciente de ses faiblesses, entretenant ses faiblesses, ponctuant les texto de "jtm", entre les coups, la rue et les potes...

Entre la Rue et mon école. Trois ans que j'ai le bac, cinq ans que je galère, encore 3 ou 4 années d'études...

Suivre un court sur le Quart Monde, alors que je pourrais le donner...  (Méritocratie chérie...)

 

 Dernières épreuves demain... Et puis je prends l'avion, retour à la maison chez les keupons pour beugler punk à chat... Laisser tout ça derrière... 

Heureusement qu'ils existent les keupons... Heureusement qu'il reste quelques espaces de liberté absolue, sans jugement, sans regard de l'autre, sans justification permanente, sans combat pour une place, sans étonnements, sans pression sociale, sans besoin de réussir, sans besoin de briller...

Juste de la fraternité, de la liberté et de l'égalité. Juste le rêve républicain. Un endroit où même les pauvres peuvent entrer. Un endroit de paroles, d'auto gestion, de dicussion et d'utopie... Je n'y crois pas, juste une parenthèse, mais une parenthèse salvatrice les keupons... Un endroit où le discours se teinte de rêve...

Un endroit pour doux rêveurs et anarchistes de merde en lutte.

Un endroit où je ne suis plus dans mon école... Un endroit sans étiquette, ou le patron me paie les trois quart de mes coups "parce qu'elle a pas de thunes, elle est étudiante", , un endroit où l'ivresse est un Art.

24 heures, dans 24 heures, dans la caisse, rentrer chez moi, rentrer chez moi et oublier qu'un temps j'ai rêvé avoir un destin.

Pour certains le "no future" est une provocation à la face de leurs parents. Mais quand tu n'as pas de parents pour cracher ta haine adolescente, alors le "no future" prend un ton un peu plus dramatique...

Parce que tu as beau te battre pour ton futur, te battre contre un carcan, tu as 20 ans et tu es usé...

Parce que tu vis dans un monde ou ne pas avoir de thunes est hype et revendiqué... Les vrais pauvres ne revendiquent pas leur pauvreté... La pauvreté comme syndrome de la hype.

Je deteste les faux pauvres. Je deteste ceux qui font semblant... et qui finiront dans l'entreprise de papa après avoir fumé le salaire de papa...

Je deteste ceux qui te font croire en l'école, alors qu'ils savent que l'école c'est DEAD... Que l'école c'est pour leurs gosses, que les stages au MAE c'est pour leurs gosses, que les places sont déjà réservées pour leurs gosses, que ton école c'est pour leurs gosse. C'est tellement cynique... 

Ils le savent et pourtant te balancent la dedans...

Louise, qui n'a même plus l'envie d'être rageuse... 

 

 

Au téléphone

Salut Papa.

Salut, alors quoi de neuf, il parait que tu as eu ton stage au Congo, je ne sais pas laquelle de tes soeurs m'a dit ça. 

Euh, ben non en fait, parce que le bureau qui gérait mon stagé était fermé et n'a pas pu valider ma demande...

Tu es obligé de mentir tout le temps? T'as qu'as le dire que t'es nulle...

Papa...

Et sinon on m'a dit que tu étais rentrée, mais je n'ai pas eu le plaisir de te voir, enfin le plaisir...

Et après tu te demandes pourquoi je viens pas...

Tu as une explication à me donner?

(Silence) 

Bon, viens plus me demander quelquechose, dégage, je ne veux plus te voir. J'attends juste que ta mère te dégage aussi et tu seras bien dans la merde. La tu pourras faire le trottoir pour te payer tes études....

(BIP BIP BIP)

 

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