26.09.2007
Je sais...
Je sais...
que je ne le reverrai jamais... Je pensais avancer mais je n'y arrive pas...
Tout me semble si puéril et sans intéret.
Celui qui m'a sauvé est mort.
La rédemption existe-elle?
Je sais que je dois continuer... mais ces 30 centimètres qui séparent la tête du coeur sont plus que difficiles à parcourir.
Insolente vanité. Pauvre Mélancolie. Idéal perdu.
Même Mélancolie le pleure.
Je suis en deuil, le coeur tendu vers le ciel, mes mains plaquées sur les oreilles, insensible au tourbillon humain.
Pourquoi, ô Dieu pourquoi?
Mon passé est mort.
Mais j'ai compris...
Pourquoi ô Dieu pourquoi?
Insolente vanité. Pauvre Mélancolie. Monde perdu.
Qu'as tu fait des tes enfants perdus?
Je sais la vanité de notre mort, l'insouciance des vivants et la liberté d'un fix...
Les yeux perdus vers le ciel, les mains qui tremblent et ta seringue.
Quel a du être léger le dernier fix... Celui qui libère... Celui qui a du fermer tes yeux, ce sourire léger qui s'efface en rictus mortel, evanescence vaporeuse de Celle qui t'entraine loin de toi même.
Insolente vanité, celle qui te crache des insultes à la figure, celle qui te sauve de la mort.
Celle qui te fait sourire à la mort. Celle qui insulte la mort. Celle qui hurle ton mal à la face de la terre. Celle qui fait trembler tes mains à la lueur d'un briquet faiblard comme ta volonté.
Tes dents qui serrent ta ceinture. Tes mains qui tremblent. L'aide d'un ami le dernier. Et ce ne fut pas moi.
"Ô Dieu pitié pour les justes"
Ce sourire léger, cette culpabilité qui s'efface, ton sourire qui se transforme en rictus mortel au fond d'un squat abandonné par les tiens.
Est ce que quelqu'un t'a tenu la main?
Est ce une fille qui te l'a fait?
Pourquoi tu ne m'as pas laissé le faire?
Ta chienne qui hurle à la mort. Et une gamine qui étouffe ses larmes en serrant très fort ses petits poings inefficaces.
Celle qui insultera la mort et qui l'appelle tous les soirs.
Ô Dieu, pitié pour les justes.
Kaddish pour un squatteur.
Qu'as tu fait de tes enfants perdus?
Ceux qui attendent la mort insouciants la seringue à la main et le sourire aux lèvres.
Un squat humide, une chienne qui hurle, une dernière prière et ton shoot pret.
Tes baskets défoncées, ta parka, ton petit cahier de lutte, ta laisse défoncée, ton carton, ta stéribox, tes mains qui tremblent, ton moloko pour le courage, ton sac carapace de tortue et ton sourire léger.
Et une gamine qui étouffe ses larmes en hurlant contre la mort.
Ô Dieu pitié pour les justes.
Insolente vanité qui te fait insulter la mort.
Toi seul connais la valeur du silence. La perte d'un ami. Hurle ton mal à la face de l'humanité. Hurle à la mort toi qui l'aperçois tous les jours. Toi qui joue avec elle jusqu'au fix fatal. Toi qui lui souris à la lueur d'un briquet faiblard. Toi qui la défie du haut de ta jeunesse insolente. Toi qui la sens dans tes veines à chaque dose qui passe.
Toi qui se meurt lentement en l'insultant. Crache à la face de la Mort car elle ne te possèdera jamais.
Ô Dieu pitié pour les justes.
Et une gamine qui pleure face vers le sol en implorant sa Mère la Nuit de la recouvrir de son ombre rassurante.
Petite soeur de Minuit.
J'erre plus que jamais.
Et une gamine qui se soule de l'odeur de la Nuit, de Minuit, qui hurle face contre terre sa douleur de ne plus jamais le revoir.
Hurle en silence me dit la Nuit. Tes cris ne le ramèneront pas. Ta douleur passera avec le temps. Tu es vivante tu sens le souffle du vent sur ta peau.
Un air hébété comme assomée comme insensible. Pauvre corps... Que mon âme est lourde.
Pleure en silence me dit le Jour. Tes larmes ne le ramèneront pas. Seul Dieu offre la rédemption. Tu es vivante tu sens la chaleur du soleil sur ta peau.
Et une gamine qui étouffe ses larmes en crachant à la face de l'humanité.
Qu'as tu fait de tes enfants perdus.
Kadish pour un squatteur...
01:26 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : mort, kaddish, squat, amitié, fix


